
LETTRE AUX PARRAINS, rapport du voyage d'août 2008:
téléchargez la version PDF : ici
INFO SUR L'ACTUALITE en AMDO au printemps 2008:
Les enfants habitent donc l'AMDO, un des territoire du Tibet historique découpé en département administratifs chinois. Il y a donc une forte concentration de tibétains dans cette région.
Selon les journalistes et correspondants variés, il y a eu des manisfestations dans beaucoup de "petits" villages tibétains de montagne de la taille de Malho. Ces villages sont proches de Malho: Labrang, Machu, Ngaba, etc etc, on peut trouver sur internet une carte des manifestations pacifistes menées dans ces régions. La présence de l'armée a été renforcée et beaucoup d'arrestations ont eu lieu. les meneurs ont été calmés et les autres réduits au silence.
En ce qui concerne les enfants des écoles parrainées, pas d'information inquiétante ne m'est parvenue. Malho est une région qui a déjà été très sévèrement réprimée pendant la révolution culturelle et tout le monde s'en souvient encore. Donc, la population locale est restée calme cette fois ci.
En soutien aux gens qui souffrent de la situation actuelle, je vous invite à penser fortement à eux, tous les jours, à les soutenir en pensée positive, à encourager le dialogue et la résolution pacifiste de ce conflit. Je pense que l'attitude mentale est importante.
Bien-sûr, les enfants doivent être très touchés par les évènements parce que c'est leur peuple qui se soulève, parce que la situation est grave, parce que leurs proches sont peut être en prison ou brimés ou choqués ou désemparés. Un enfant ne devrait pas avoir à subir ces choses là.
Si vous voulez, vous pouvez aussi envoyer des lettres d'encouragements, de soutien à vos parrains.
Normalement vous avez tous l'adresse en chinois que vous pouvez imprimer et coller sur l'enveloppe. Sinon, contactez moi.
Merci , à bientôt.
Elise, coordinateur internationnal pour le parrainage dans la région de Malho.
Le récit du voyage est ci-dessous, sur cette page. Merci pour votre patience et votre aide à tous. Merci aussi à ma traductrice Tenzin Noryang et à Jangbu pour les photos.

Situation géographique:
50 kilomètres environ, qui séparent Malho, "le grand village" et Nyingta, "le village où personne ne va", 3 heures de pistes, d'ornières, de camions renversés, de pelleteuses qui creusent des lacs dans les prairies pour construire la grande route, des tunnels en travaux et le fleuve fou qui turbule en contrebas.
Le voyage jusqu'à l'école: (extrait d'article paru dans Bouddhisme Actualités)
Comme on roule entre 5 et 20km/h selon l'état de la route, la magie du paysage a le temps d'éclater lentement, la beauté au ralenti.
Pourtant, ce ne sont que de simples collines à perte de vue, vertes. Des nuages, blancs. Un ciel, bleu. Mais parfois, le vert se fonce et monte au ciel, les nuages recouvrent les montagnes et le bleu devient lac ou rivière agitée. Des drames se nouent et disparaissent à chaque tournant.
Nous arrivons à Nyingta: deux rangées de maisons en briques poussiéreuses, une piste boueuse qui les traverse. Tout autour, un décor de montagnes et continue le film des nuages qui passent chassés par le vent ou lui courant après.
La jeep s'arrête devant une grande grille. Derrière, l'énorme bâtiment de l'Ecole apparaît. Il est d'autant plus neuf et imposant que le reste du village est petit et discret.
Je me sens toute fière d'apporter quelques cadeaux et des livres pour les enfants du parrainage. Je me sens toute fière d'avoir parcouru un chemin si périlleux pour eux! Petite occidentale habituée à des routes bien tracées, des voitures en état de marche, et la certitude qu'en cas de pépin, il y aura une ambulance qui viendra me chercher assez rapidement…le quotidien des habitants de cette région est complètement différent. Le moyen de transport le plus répandu est encore le cheval, suivi de près par la moto puis le bus circule deux fois par jour, et quelques privilégiés, professionnels ou administratifs roulent en voiture, plus ou moins neuve.
J'avance dans une immense cour. Des enfants rient et crient, courent partout, jouent au ballon. Les professeurs rassemblent tous les élèves de l'école sous le soleil de midi pour retrouver les 20 élèves parrainés; et là , je me sens tout à coup beaucoup moins fière de mes quatre bonbons, de la vingtaine de livres et les quelques sous au fond de ma poche. Il y a 800 élèves rassemblés là, devant moi. Il n'y a pas de quoi être fière. C'est une contribution ridicule face aux besoins de tout ce monde.
Le professeur d'anglais qui ne parle pas très bien anglais me dit quand même qu'il y a 600 internes et 300 lits maximum. Ce qui nous fait une moyenne de deux élèves par lit au mieux. Je peux le constater au nombre de couvertures pliées sur chaque lit.
Il y a 8 à 12 lits superposés dans la plus part des chambres.
Mais les enfants ont l'air heureux. Ils sourient beaucoup. Veulent absolument toucher le bébé.
Face à ce flot d'enfants, j'ai l'impression que l'individu n'existe plus, seule la masse compte.
Cela contraste avec l'aspect désertique des collines alentours. Pourtant c'est bien de là que viennent tous ces petits.
L'énorme bâtiment rutilant à l'extérieur, est assez simple à l'intérieur. Le sol est en béton toujours un peu humide, les murs peu décorés, tout le monde porte un blouson malgré l'été (on est quand même à 3600 m d'altitude au moins). Les joues sont rouges et les nez coulent bien bas…
Mais quand on regarde par la fenêtre, les montagnes, le soleil, les nuages blancs qui se détachent sur un ciel résolument bleu. Je ne m'en lasse pas. Je me dis que ces enfants ont quand même de la chance.
Comment s'y prendre pour les aider efficacement? Je me sens dépassée par l'ampleur de la tâche.
Nous réunissons les 20 élèves concernés par le parrainage dans une salle de classe, je les prends en photo un par un, ils écrivent quelques lignes sur eux et leurs souhaits. Après la visite de leurs chambres et la distribution des cadeaux, nous reprenons la route en remerciant les professeurs qui nous remercient aussi.