
La tradition ngakpa est la tradition culturelle spirituelle non monastique du peuple tibétain. Elle a été fondée au VIIIe siècle par Padmasambava. Le roi Trisong Detsan donna une énorme contribution au développement de la tradition ngakpa et alla même jusqu’à se faire Ngakpa lui-même pour donner l’exemple aux gens laïques (non monastiques) afin de permettre à ceux-ci de recevoir une éducation spirituelle et culturelle.
Les Ngakpas sont appelés « gokar chanlo de » ce qui signifie « la communauté avec les robes blanches et les longs cheveux » ou aussi « le groupe de la sangha blanche ». Le premier groupe de Ngakpas s’appelait « ja bang nyirnya ». C’était un groupe de 25 disciples du maître Padmasambava qui avaient tous reçu de lui un enseignement de haut niveau.
La première école ngakpa était une branche du monastère de Sam Nye et s’appelait Ngakpa « dud dul ling ». Les gens y recevaient des enseignements de langue, littérature, traduction, agriculture, médecine, astrologie, météorologie et les enseignements et la pratique Vajrayana.
Plus tard les Ngakpas continuèrent à se développer et s’étendre dans tout le Tibet central en formant plusieurs groupes :
Beaucoup de Ngakpas présentèrent des capacités pareilles à ceux des gens très éduqués et des praticiens de haut niveau. Par exemple, le fondateur de la médecine traditionnelle tibétaine Yuthok Yonten Gonpo et beaucoup d’autres scientifiques de son lignage étaient tous des pratiquants Ngakpas.
Au IXe siècle, le troisième roi tibétain dharma, Tri Ralpa Chan fut impliqué dans la tradition ngakpa et grâce à son dévouement et son soutien, la culture ngakpa continua de se renforcer dans tout le Tibet.
Le dernier roi, Lhang Tharma détruisit massivement le Bouddha Dharma au Tibet mais cependant il ne réussit pas à détruire la tradition ngakpa parce que c’était la culture élémentaire de base des Tibétains autochtones.
Les femmes tibétaines contribuaient grandement à leur culture. Beaucoup d’entre elles, les Ngakmas (féminin de Ngakpas) comme Yeshe Tsogyol, Machin Labdron, Chusep Jetsun étaient des figures emblématiques particulièrement respectées.
Aujourd’hui la tradition ngakpa, étrangère aux croyances sectaires continue d’exister en Chine, Bhoutan, Népal, Inde et Mongolie et plus récemment en Occident à travers des hommes et des femmes qui pratiquent et étudient dans leur vie quotidienne.
Depuis le XVIe siècle, les Ngakpas sont apparus dans la région de Rebkong. Le Ngak-Mang de Rebkong est situé à Rebkong (département de Thundrin), Tsekhok, Youlgan, Chantsa, Vayan (Hualong), Shunghua, région de Trika et la région de Kokonor dans la province du Qing Hai. Les villes de Khaja, Ganja, Hortsang et Labrang dans la province du Gansu (région de l’Amdo).
Au Xe siècle, Lhalung Paldor, le célèbre Ngakpa (on peut dire aussi Yogi) voyagea jusque dans l’Amdo et planta la graine Vajra de la tradition Ngakpa à Rebkong. Il pratiqua particulièrement dans les régions suivantes Lodorje drag, Namong et Tongtso.
Les descendants de Lhalung Paldor, appelés les Huit grands Ngakpas de Rebkong pratiquèrent dans huit endroits différents. Tous accomplirent leur pratique et atteignirent l’éveil (l’accomplissement). Depuis lors, ces lieux de retraites sont connus sous le nom suivant : « les huit lieux de retraite accomplie ».
Après la révolution culturelle, les nouvelles conditions de l’état moderne présentèrent quelques difficultés pour la culture tibétaine et il y eut une grande destruction de la tradition ngakpa en particulier les temples, les textes, les librairies et la possibilité pour les enfants d’étudier et de pratiquer la tradition ngakpa dans leur quotidien à l’école.
Pendant les vingt dernières années, quelques anciens Ngakpas et les membres du gouvernement des régions et villages commencèrent la reconstruction des temples ngakpas en essayant de préserver et de sauver la tradition ancienne. Maintenant de plus en plus d’habitants ont la possibilité, à nouveau, de devenir Ngakpa et ont commencé à suivre les études.
Dans ce but de sauvegarde et de développement, en août 2000, Hungchen Chenagtsang, Wu Qi Chenagtsang et le Dr Nida Chenagtsang ont décidé de créer l’Institut Ngak-Mang avec l’accord du Conseil bouddhiste de la province de Qing Hai.
Depuis l’an 2000, l’institut Ngak-Mang a créé des branches locales dans les autres pays du monde permettant de contribuer au développement du la culture ngakpa et de soutenir les projets de l’institut Ngak-Mang, comme la restauration de maisons ngakpas, l’éducation des enfants (création de deux écoles), la sauvegarde et numérisation des ouvrages anciens, perpétuer l’enseignement ngakpa au Tibet et en Occident.